
La liberté, c’est un mot qui fait rêver, auquel on peut associer toutes sortes d’images séduisantes allant de la vie de millionnaire, à l’oiseau qui vole dans un grand ciel bleu, ou encore l’idée de pouvoir faire tout ce qu’on veut quand on veut et de n’avoir aucun compte à rendre à personne comme si les autres n’existaient pas.
Mais est-ce vraiment cela être libre? Cela voudrait dire que la liberté est quelque chose de conditionnel, qui dépend du monde extérieur pour pouvoir être expérimentée. Et si elle est conditionnelle, cela veut dire qu’elle est temporaire : que ce qui nous rend libre un jour peut très bien être l’espace dans lequel on se sent limité à un autre moment donné. Et de toute façon, tout est voué à se transformer, car la vie est expansion et les structures (nos corps par exemple) dans lesquels elle évolue, ont un début et une fin.
Personnellement, je crois que la vraie liberté a pour synonyme le mot paix. Lorsqu’on est en paix, on est libre et cela tient dans le temps, peu importe ce qui se passe autour de soi. La paix est un état d’être qui s’acquiert grâce au lâcher-prise. « Ce à quoi on résiste persiste, ce à quoi on fait face s’efface. »
Le lâcher-prise est quelque chose que j’ai beaucoup expérimenter dans ma pratique artistique, en me détachant du résultat et en valorisant le processus plutôt que sa finalité. Alors que je jouais avec les couleurs, j’étais à la fois dans le rôle de l’observatrice et la créatrice. Je découvrais mon œuvre au fur et à mesure qu’elle se construisait, suivant la voix de mon intuition sans attachement à ce qui était déjà là. J’ai construit et déconstruit jusqu’à ce que je sente intérieurement que le travail était terminé. Il n’y avait pas de jugement à porter, simplement voir ce qui était là, être ouverte à tous les possibles.
Pour lâcher-prise, je pense qu’il est important d’observer, de voir ce qui est là en soi, sans jugement et surtout sans entrer dans le rôle de la victime qui croit que la vie est contre elle et qui, parce qu’elle le croit, crée cette réalité à chaque instant. Certaines personnes vivent réellement des situations dans lesquelles elles sont victimes du comportement de quelqu’un d’autre, mais c’est ce qu’elles font de leur expérience qui détermine si elles en restent victimes ou si elles utilisent cet évènement comme tremplin pour accéder à quelque chose d’autre. Il y a des cadeaux inestimables derrière nos souffrances, si on choisit de ne pas s’accrocher à l’histoire vécue, si on accepte de la laisser aller.
Il n’y a pas d’autre façon de sortir du cercle vicieux que de briser le cercle, ou dans d’autres mots, de cesser de l’alimenter. Pour cela, l’accueil des émotions est un essentiel. Tenter de les rationaliser est une perte de temps et d’énergie incommensurable, car c’est tout simplement impossible de rationaliser ce qui est irrationnel. On ne peut pas les mettre dans des boîtes, même si certains ont tendance à les refouler… Un jour ou l’autre, elles finissent par refaire surface, avec les intérêts. Il est donc important de se créer des espaces de présence à soi pour ressentir ce qui est là, comprendre le message des émotions et suivre la direction qu’elles nous indiquent. Les émotions sont notre boussole intérieure, pour autant qu’on s’intéresse à leur message plutôt que de réagir à l’inconfort qu’elles peuvent provoquer dans notre corps. Par exemple, la joie signifie l’alignement, c’est l’âme qui se réjouit. Ou encore, la tristesse nous indique qu’il y a un deuil à faire, quelque chose à laisser aller.
Je crois que pour être en paix, il faut savoir assumer qui on est dans sa totalité, avoir appris à accueillir ses parties d’ombre, prendre la responsabilité de nos réactions et de nos comportements, tout en laissant aux autres la responsabilité de gérer les leurs. Pour réussir ce prodige, cela demande une bonne dose de connaissance de soi, de ses fonctionnements, de ses besoins, mais aussi de la solidité intérieure.
La solidité intérieure a un lien avec le niveau de sécurité que l’on ressent physiquement dans notre corps. Cela demande donc d’être à l’écoute de son corps et d’en prendre soin. La solidité intérieure est aussi une question de leadership, d’incarner son pouvoir personnel, ce qui revient à dire, ne pas chercher son bonheur à l’extérieur de soi. Une erreur courante est de chercher à contrôler son environnement extérieur pour se sécuriser, ce qui en général ne fait qu’augmenter l’insécurité.
Ironiquement, la liberté requiert un engagement et de la discipline, car ce n’est pas une mince affaire de déconstruire toutes les croyances limitantes qu’on porte sur soi, sur les autres et sur l’environnement; de s’accorder quotidiennement des moments d’écoute de ses corps (physique, émotionnel, mental, énergétique, etc.; de pratiquer des activités qui favorisent l’équilibre de nos parties rationnelles et irrationnelles et surtout de faire comprendre au mental que ce n’est pas lui qui est aux commandes!
Mais surtout, rappelons-nous que la liberté n’est pas une destination, c’est notre perception du chemin, une fréquence vibratoire. Et comme c’est une fréquence vibratoire, elle se vit lorsqu’on syntonise sa fréquence dans notre récepteur intérieur, dans notre cœur. La trouver une fois, c’est y avoir accès toujours.